DRAWING MATTERS. Récits (carto)graphiques expérimentaux (fr)
Séminaire doctoral (méthodologique)
Infos
Pl. Eugène Flagey 19
1050 Bruxelles
Aujourd'hui, face aux nombreux questionnements autour du rôle du dessin et de sa technique en architecture, il est difficile de ne pas y voir une méthode de projet, de ne pas saisir le moment où il cesse d’être un dessin d’architecture pour devenir « l’architecture ». Sur le même registre et en se situant au sein du débat sur la « recherche projet », on pourrait s'interroger sur le rôle potentiellement « actif » du dessin, sur son rôle vis-à-vis de la production de connaissances.
Situé entre (l’espace de) la pensée et (l’espace de) la réalisation, le dessin constitue —au départ— l’outil qui oriente le projet, qui définit la production de l’architecture à travers son rôle de médiation. Par le biais de différentes méthodes de représentation, le dessin entre en relation avec son auteur pour atteindre un objectif donné. Une relation liée à une volonté de l’architecte de s’approprier (ou réapproprier) la conduite du processus, au service du projet. Mais c'est dans les plis de cette relation que parfois l’auteur devient spectateur, face à un dessin qui —à certaines occasions— arrive à acquérir sa propre « autonomie ». Non pas l’autonomie « figée » de la présentation et représentation du projet, mais une autonomie « créative » ayant des effets transformateurs sur l’auteur-producteur lui-même.
Si dans les arts, l’autonomie de l’œuvre n'est pas mise en cause, en architecture la relation de l’architecte à son dessin est rarement lue en dehors d’une dynamique instrumentale dans laquelle le dessin est uniquement vecteur de contrôle sur le projet. Mais que se passe-t-il lorsque la relation est inversée, lorsque le dessin prend le dessus et l’auteur se fait spectateur ? Que se passe-t-il lorsque le dessin prend une trajectoire « hors-cadre » et dévoile des pistes de projet et de recherche (in)attendues ?
Récits cartographiques expérimentaux
A partir des positionnements et des travaux d’une illustratrice, Eva Le Roi et de deux architectes, Alexandra Arènes et Axelle Grégoire (studio SOC - Société d'Objets Cartographiques, autrices de la recherche « Terra Forma »), cet après-midi d’étude vise à réfléchir sur le rôle actif du dessin en tant que « producteur de nouvelles connaissances » et plus particulièrement sur son potentiel dans la réécriture de notre relation au monde.
Dessiner revient à la fois à révéler et mettre à distance par le biais d’opérations de substitution capables de départager le visible et l’invisible. Quel rôle est joué par le dessin dans la problématisation d’un sujet ou dans la construction d’hypothèses ? Dessiner transforme-t-il la façon dont la recherche se fabrique ? Contribue-t-il à l’émergence de connaissances inédites ? Quelles actions transformatrices ont? le dessin sur l’architecte-chercheur et sur ses enquêtes ?
Grâce à une collaboration entre l'Unité de Recherche en Architecture (URA) et le Laboratoire Sacha de l'ULB, le séminaire vise à approfondir ces questions à la croisée de l’architecture, de l’urbanisme et des sciences sociales.
Articulé en deux temps, le séminaire débutera par un workshop immersif, inspiré des méthodes développées dans l’ouvrage « Terra forma – Manuel de cartographies potentielles ». Il sera animé par Alexandra Arènes et Axelle Grégoire (studio SOC - Société d'Objets Cartographiques), et suivi de deux lectures par les mêmes architectes et Eva Le Roi. Un débat animé par les doctorants des deux institutions clôturera la journée.
Workshop « Penser par la carte : matrice, données, récits »
Le workshop (14h30-17h30), inspiré des méthodes développées dans l’ouvrage « Terra forma – Manuel de cartographies potentielles », interroge la capacité du dessin cartographique à changer de focales, à remettre en question l’héritage des systèmes cartographiques traditionnels et à explorer les enjeux d’une production cartographique à partir de données hétérogènes ou non-conventionnelles. Comment penser une autre expérience de la lecture cartographique ? Comment fabriquer un récit, personnel ou collectif, par la cartographie située ?
Afin de construire leur propre boîte à outils graphique pour la recherche, les participant.es travailleront en trois équipes, simultanément, autour des trois enjeux suivants : les modalités de positionnement du regard, la relation à la donnée et la fabrication narrative grâce à la cartographie.
PROGRAMME
Auditoire Bourgeois
- 14 :00 – 14 :10 Introduction
- 14 :10 – 17 :30 Workshop. « Penser par la carte : matrice, données, récits »
- 17 :30 – 18 :00 Pause café
- 18 :30 – 19 :00 Lecture. « Dessiner la ville autrement », Eva Le Roi
- 19 :00 – 19 :30 Lecture. « Cartographier les écosystèmes territoriaux », Alexandra Arènes et Axelle Grégoire (studio SOC - Société d'Objets Cartographiques)
- 19 :30 – 20 :00 Débat
- 20 :00 – 20 :10 Conclusions
Conférenciers:
- Alexandra Arènes (Société d'Objets Cartographiques)
- Axelle Grégoire (Société d'Objets Cartographiques)
- Eva Le Roi (Maitre de Conférence invitée SST/Loci UCL)
Organisatrices: Martina Barcelloni-Corte (Chargée de cours, URA) en collaboration avec Virginie Pigeon (Chargée de cours, ULB).
